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Le livre noir de la Révolution française, Editions du Cerf.
Après le livre noir du communisme, cet ouvrage deviendra une référence. Réunissant les contributions de nombreux historiens dont celles de Pierre Chaunu, Stéphane Courtois, Jean Sévilla et Reynald Secher, il s'attaque en profondeur au mythe révolutionnaire, fondement de notre République. L'analyse est poussée pour dénoncer toutes les idées reçues. Evenement par évenement, Stéphane Courtois montre l'analogie frappante entre le déroulement de la révolution russe de 1917 avec celle de 1789.
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 | LE DECLIN DU COURAGE |

Alors que les élections européennes se sont caractérisées par une forte démobilisation des citoyens en dépit d'une crise financière et d'une montée des périls d'ordre géopolitique, nous republions un article consacré à la vertu du courage en politique. Le désespoir est une sottise absolue en politique disait Maurras. Aussi, malgré le sentiments de découragement qui peuvent gagner les hommes les plus déterminés, nous savons et l'histoire le démontre qu'une poignée d'hommes déterminés peut inverser le cours du prétendu sens de l'histoire. Le discours de Soljentisyne sur le déclin du courage n'a rien perdu de son actualité. Ni les commentaires qui ont été réalisés par un de nos camarades au moment de la crise des banlieues.
LE DECLIN DU COURAGE Tel était le titre du discours prononcé par Alexandre Soljenitsyne en 1978, devant les étudiants de l’université d’Harvard. La situation d’alors était celle d’un monde ébranlé par la guerre froide. Deux blocs s’affrontaient : le libéralisme et le communisme. Aujourd’hui, le contexte géopolitique a évolué mais la donne n’a pourtant pas changé. Le matérialisme, fondement de ces idéologies, s’enracine dans les comportements collectifs de nos sociétés occidentales. Par un coup d’éclat, les immigrés des banlieues ont dépassé les frontières de l’assistanat réductionniste dans lequel la pseudo intégration républicaine les avait confinés. Ils clament leur quête de reconnaissance et d’identité. Chose que la Vème République ne peut leur donner. Seule la fédération de groupes ou d’individus décidés autour du bien commun sauront, le moment venu, reconstruire l’unité perdue et dessiner une alternative.
Les événements tragiques des banlieues nous révèlent la faiblesse des principes sur lesquels repose notre unité nationale. Ils ne sont qu’une anecdote supplémentaire dans l’histoire d’une Europe qui a renié depuis longtemps son héritage et son identité, dirigée par une classe politique molle et passive. Le couvre feu décidé trois semaines après ces événements par un président visiblement paralysé par l’opinion, le saupoudrage d’associations ou encore les quelques millions ajoutés au Plan Borloo signent l’arrêt de mort de l’autorité publique. Les rebelles des cités ont ouvert une brèche dans la citadelle de l’Etat qui recule. Le 17 novembre, le Ministre de l’Intérieur annonçait qu’« une menace réelle » pesait sur le pays. Les dispositifs renforcés annoncés suffiront-ils ? D’après Soljenitsyne, « aucun armement, si grand soit il, ne viendra en aide en Occident tant que celui-ci n’aura pas surmonté sa perte de volonté. Pour se défendre, il faut être prêt à mourir, et cela n’existe qu’en petite quantité au sein d’une société élevée dans le culte du bien-être terrestre » Les immigrés ont des droits, mais ils ont d’abord des devoirs et c’est au gouvernement de rétablir cette hiérarchie de valeurs. C’est là où le bas blesse. Soljenitsyne l’avait remarqué au sein même de l’Amérique toute puissante. « La défense des droits de l’individu est poussée jusqu’à un tel excès que la société elle-même se trouve désarmée devant certains de ses membres, et le moment est venu pour l’Occident de ne plus tant affirmer les droits des gens que leurs devoirs. »
L’engagement responsable et volontaire des nouvelles générations peut montrer le chemin du retour à la raison et à la vrai liberté qui conduisent à la recherche authentique du bien commun. Le courage des mots appelle celui des actes, des réseaux, de l’action locale et militante. Dans un contexte marqué du sceau de l’individualisme, l’action de minorités décidées prend une valeur inattendue. Si la critique facile attend le militant aux coins des rues, si l’action politique se cantonne aux débats de salon, c’est bien par résignation, attentisme et confort personnel. La société de consommation installée en maître depuis 30 ans est l’ennemi à soumettre. Soljenitsyne prévient des effets néfastes de cette situation: « […] la biologie sait cela : il n’est pas bon pour un être vivant d’être habitué à un trop grand bien-être. Aujourd’hui, c’est dans la vie de la société occidentale que le bien-être a commencé de soulever son masque funeste. » Le bien-être découvre une société marquée par l’indifférence et l’intérêt personnel. L’économie serait-elle donc une tyrannie sans contrepoids possible, sans contrôle ? Qui se préoccupe réellement des 15.000 sans abris parisiens ? Qui ose chercher une alternative à la perte de repères, à la destruction de la famille, cellule indispensable à l’avenir de la société ? Encore la semaine dernière, 30.000 personnes manifestaient pour défendre les services publics, c’est dire pour s’agripper à des acquis, pour éviter tout risque. Notre auteur percevait ce danger: « Le déclin du courage est peut-être ce qui frappe le plus un regard étranger dans l’Occident d’aujourd’hui. Le courage civique a déserté non seulement le monde occidental dans son ensemble, mais même chacun des pays qui le composent, chacun de ses gouvernements, chacun de ses partis…. »
C’est le courage et l’initiative qui nous manquent. Un jour ou l’autre, les événements rattraperont notre lâcheté, la mauvaise gestion des biens terrestres apparaîtra aux yeux de tous. L’instabilité politique renforcée par les émeutes des derniers jours est un appel, sans doute un ultimatum. Il est encore temps de se mobiliser, tout au moins pour préparer la relève d’un gouvernement défaillant, au plus pour reconstruire une société dévastée. L’identité des immigrés est mise à mal, mais c’est d’abord la nôtre qui fait défaut. C’est pourquoi nous serons sur le devant de la scène, que nous le voulions ou non !
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